
Des projets artistiques d'ampleur qui relient des mondes que tout semble opposer.
J’ai toujours été dans l’entre-deux : trop commerciale pour les uns, trop intellectuelle pour les autres. Avec le temps, j'ai compris que ma force résidait précisément dans cette capacité à créer des ponts entre des univers et des structures qui ne se parlent pas.






le betweenness curatorial,
l'outil de travail que j'ai théorisé,
parce que quand ce qu'on fait n'est pas nomable,
alors c'est qu'il faut créer le mot adapté.
Le betweenness curatorial est une théorie de la pratique curatoriale née en réponse à la polarisation croissante du monde contemporain. Ma pratique s’est d’abord développée autour du female gaze, qui interroge la représentation du corps et de l’identité féminine dans l’art. Face à la radicalisation des débats et à la disparition des espaces de nuance, ce cadre m’est progressivement apparu insuffisant. J’ai alors trouvé dans la notion mathématique de betweenness une manière de penser la valeur des positions de passage plutôt que des centres. Le curateur devient ainsi un nœud-pont, reliant des mondes artistiques, sociaux ou culturels qui ne se rencontrent plus. Cette approche s’inscrit dans l’héritage de Kaprow, des pratiques féministes et post-coloniales, de l’esthétique relationnelle de Bourriaud et de la convergence proposée par Enwezor. Mais elle répond à un contexte nouveau : celui d’un monde fragmenté où les camps se ferment les uns aux autres. Le betweenness consiste à maintenir la possibilité du passage, en créant des espaces où des mondes opposés peuvent se reconnaître. Le but est de rouvrir le dialogue, recréer du collectif et rappeler que le lien reste possible, même là où tout semblait séparé.












